6-7-8 mars 2011

Prochaine date:
Répétition de batterie:
23 janvier 2011
Decoration droite
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Traditions
Les marchands de sabots



Madame Brichot est un artisan bien connu des binchois. Dans son petit magasin de la route de Mons, elle accueille entourée de sabots les futurs Gilles qui viennent y chercher ces indispensables accessoires.

C'est en 1920, au lendemain de la Grande Guerre, que les grands-parents de Lucie Brichot décidèrent d'ouvrir un magasin de sabots. Depuis, et ce sans interruption, excepté durant la seconde guerre mondiale, le petit magasin de la route de Mons offre aux narines des clients cette odeur typique, envoûtante et enivrante de sabot fumé.

Les sabots, qui à cette époque étaient faits mains, provenaient de sabotiers habitants la région : Eugies, Anderlues, Buvrinnes, ... On pouvait également en trouver dans un petit village non loin de la frontière belgo-hollandaise nommé Retie. Actuellement, ils sont fabriqués dans les Ardennes où le plus gros du travail est réalisé par des machines.

Il faut tout d’abord débiter les troncs de saule ou de peuplier en tranches d’une cinquantaine de centimètres d’épaisseur.

Les pièces de bois sont installées dans une première machine ayant pour but de donner au sabot sa forme extérieure.

L'esquisse de sabot est ensuite placée dans une seconde machine qui creuse l’intérieur du sabot et définit grossièrement l’emplacement du pied.

Manuellement de façon à maintenir une parfaite symétrie des deux pieds, le sabotier finit l’aspect extérieur et intérieur du sabot.

Il reste à donner aux sabots la teinte que l’on connaît. Pour ce faire il séjournera durant 7 à 8 heures dans un séchoir-fumoir activé par les copeaux que l’on extrait de leur ventre.

Nus, les sabots reposent désormais sur les étagères du petit magasin. En période de carnaval, celui-ci et la maison attenante sont envahis par les paires de sabots qui attendent que les pieds d’un Gille viennent les choisir.

C'est alors au tour notre artisan d’entrer en action. Première de ses tâches et non la moindre, découper les garnitures dans des plaques de cuir naturel au moyen de couteaux et d’emporte-pièces.

La garniture complète du sabot est constituée de la talonnette, en forme de demi-cercle et clouée sur l’arrière, d'une petite sangle de cuir qui sert à consolider l’avant du sabot en cas de bris, d’une bride se glissant dans un morceau de cuir rectangulaire et soigneusement dentelée pour tenir le pied.

Le sabot, ainsi garni, est prêt à la vente mais pas encore à la danse. En effet, le futur Gille devra d’abord les garnir de renoms, pièces de tissus formées de ruban plissé.

A remarquer aussi que le petit magasin de la route de Mons n'est pas seulement une institution pour la Ville de Binche mais aussi pour les carnavals qui se déroulent aux alentours et même à l'étranger ; Nice en est un exemple.

Une petite anecdote en passant …

Autrefois, il était courant de voir les binchois se promener en ville chaussés de sabots ou les porter chez eux, " pour se sentir bien ". Il s’avère que cette coutume disparaît de plus en plus et pourtant…



Source: - "La fabrication du sabot de Gille", par Ph. DE VREE. |- "L’Artisan, serviteur de la Tradition - Les sabots" … n°39 — pages 9 et 10. |- "Le Carnaval de Binche — Les Servants du dieu Gille", par Marc LEFEBVRE — Janvier 1982. |- "Interview" effectué en 1998 par Hugues et Xavier DEGHORAIN chez Madame Lucie BRICHOT, au " FLOCHE ". |


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