14 - 15 - 16 février 2010

Prochaine date:
Dimanche-Gras:
14 février 2010
Decoration droite
decoration titre
Traditions
S.R. Les Récalcitrants

Cette société de Gilles de Binche est sortie pour la première fois en 1899.

Elle vient donc de fêter son 100ème anniversaire. Elle est la plus ancienne des sociétés carnavalesques binchoises car, comme tout être humain, une société naît, se développe, en engendre d'autres et puis, finit par disparaître.



Elle est aussi la seule société à exiger de ses membres âgés de plus de douze ans, le port obligatoire du chapeau le Mardi Gras après-midi.



Au siècle dernier, voire au début du 20ème siècle, les sociétés étaient désignées par l'attribution du nom ou du prénom du tenancier du café qui leur servait de local. C'est ainsi que l'on parlait à Binche des Gilles de " chez Haubruge ", de " chez Navir ", des marins de " chez Nunu ", etc …



A l'époque, c'était le tenancier du local qui imposait à chaque gille le montant de la mise qu'il devait payer en vue de couvrir une partie des indemnités allouées aux musiciens et aux tamboureurs qui font danser les Gilles. La mise pour les Gilles de " chez Haubruge ", le tenancier du local l'avait fixée à 20 francs, somme que les jeunes ont estimée excessive. La location du costume et du chapeau de gille coûtait 65 francs.



Dans les jours qui suivirent le Carnaval de 1898, lors de l'assemblée générale des membres de la société, les jeunes se sont insurgés et ont réclamé une baisse de la mise à 10 francs, ce que le tenancier du local leur refusera. Ils quittèrent le café en déclarant qu'ils constitueraient une nouvelle société ce qui leur valut de la part du patron du local la répartie suivante :



" Vos n'astez qu'ène binde de Récalcitrants ! "



Les jeunes quittèrent le café en affirmant qu'ils retenaient ce nom de " Récalcitrants " pour leur société et ils respectèrent leur engagement.



En outre ils se mirent à la recherche d'un louageur de costumes de gille qui baisserait à 55 francs le prix de location du costume et du chapeau.



A ces sommes, il y a lieu aussi d'ajouter le prix d'achat des sabots, des oranges et bien sûr l'argent de poche nécessaire aux plaisirs des trois jours de Carnaval. Si l'on se réfère au montant des salaires des ouvriers et des traitements des employés en cette fin de 19ème siècle, voire au début du 20ème siècle, soit ; selon les informations du grand historien belge George-Henri DUMONT, sous le règne de Léopold II (1869-1909), dans les grandes maisons de commerce, les employés gagnaient 25 francs par mois la 1ère année et 100 francs par mois à partir de la 4ème année et les années suivantes. Selon d'autres sources, nous notons qu'un entrepreneur réclamait 3 francs par jour pour un menuisier qui travaillait 11h50 sur sa journée ; 0,36 francs l'heure pour un plafonneur ; 0,40 francs pour un zingueur ; 0,50 francs pour un peintre et 0,27 francs pour un manœuvre ; sommes sur lesquelles le patron retenait encore un pourcentage. Ajoutons à cela qu'aucune loi sociale ne protégeait les travailleurs contre la maladie, les intempéries et les périodes de chômage ; les privilégiés (patrons et rentiers) pouvaient se payer le luxe de faire le gille d'autant plus que ces nantis ajoutaient souvent l'un ou l'autre bijou à la décoration de leur costume.



On comprendra aisément qu'entre 1899 et 1919, la société des "Récalcitrants" comptait entre 23 et 35 Gilles.



A cette époque, l'ensemble du Carnaval ne devait guère regrouper plus d'une centaine de Gilles auxquels il y a lieu d'ajouter les Paysans (société d'adultes à l'époque), les Pierrots de son et les Marins. C'était aussi le temps où des sociétés étrangères à la ville participaient aux cortèges du Mardi gras et recevaient une prime accordée par l'Administration Communale.



En 1920, année du 1er Carnaval après la 1ère guerre mondiale, les "Récalcitrants " ont reconstitué leur société et participèrent à 21 Gilles à ce Carnaval, ils furent 24 Gilles en 1930 et 104 en 1936.



Au lendemain de la 2ème guerre mondiale, le Carnaval a repris vie en 1946. Les " Récalcitrants " étaient 172 et 176 en 1947. Ce nombre devenait surfait pour une seule société ce qui justifie la constitution admise sans réserve d'une nouvelle société composée elle aussi de nombreux jeunes qui choisirent le nom de " Réguénaires ", (appellation que l'on pourrait comparer à celle du Ropieur montois).



Contact:
Monsieur Henri Deprez
rue Mont de Justice 1 | |7130 Binche
Tel: +32 64 337046
Site: http://www.lesrecalcitrants.be
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